par M. Michalczak-Robitaille
A la suite de notre assemblée générale nous avons pu bénéficier d’une conférence sur un sujet peu traité, qui a été particulièrement intéressante. Notre conférencier, M. Michalczak-Robitaille, Jardinier en chef du Château de Rambouillet a travaillé à Trianon, au château de Versailles, puis à l’étranger avant de venir à Rambouillet.
Le parc de 150 hectares est constitué de quatre entités :
le jardin anglais
les îles et les canaux
le jardin français
les bois
L’objectif recherché est de valoriser et de conserver le patrimoine végétal et le bâti de ce domaine national et de le reconnecter avec son territoire. Ce travail fait partie des métiers d’art.

Préparation des zones de plantation florales.
Depuis le 15éme siècle le jardin occidental a été constitué :
-d’une première nature : la montagne et la forêt
-de la deuxième nature:les terrains agricoles et le paysage
-de la troisième nature : le jardin clos
Chaque jardin doit avoir un plan de gestion comme on le trouve à Fontainebleau et Rambouillet. Il comporte des fiches actions (2024-2025) indiquant ce que l’on a prévu de faire chaque année. De plus, un calendrier précise ce que l’on doit faire chaque mois avec des plans détaillés des parterres avec indication de chaque plante.
La tempête de 1999 avait fait de gros dégâts et rien n’avait été replanté. L’allée des Cerfs a été dégagée et replantée avec 64 tilleuls. On produit chaque année 38000 plantes dans les serres du parc dont une partie pour Fontainebleau. A l’époque du président Giscard d’Estaing il y avait trente jardiniers, aujourd’hui ils sont sept.
Un gros travail est le retraçage des allées qui se fait à la main et mobilise 5 jardiniers pendant 4 mois.

Traçage des allées.
On oppose souvent jardin anglais et jardin à la française mais cela doit être nuancé, même s’il y a des différences. Au XVII ème siècle le jardin anglais est sinueux ; c’est l’époque de Rousseau et de sa Nouvelle Héloïse, des folies, des fabriques (le désert de Retz, le parc de Méréville, la folie d’Artois).
Le parc de Rambouillet à l’époque du duc de Penthièvre fils du comte de Toulouse, se caractérise par la recherche du pittoresque avec les rivières et les fabriques.
On recherche les essences exotiques : les cyprès chauves de Louisiane, le cèdre du Maroc, les magnolias (arrivés en France en 1725). Le duc échange des correspondances avec le roi George III d’Angleterre féru lui aussi des jardins et des plantes.
La chaumière des coquillages (shell house) est meublée de chaises de Folliot très rares aujourd’hui. L’intérieur est revêtu de 14 000 coquillages sur 12métres carrés.
La grotte des amants, fermée actuellement au public et qui date de 1792 a perdu la pagode qui la surmontait.
L’Ermitage qui a existé jusqu’en 1977 a abrité un ermite jusqu’en 1850 ; ce dernier devait respecter des règles très contraignantes : ne pas se laver et ne pas se faire couper les cheveux pendant une certaine période pour faire vrai.
Les îles qui au départ étaient nues ont été plantées d’arbres sous Napoléon. Le château prévoit de rétablir les balançoires et les bascules qui ont existé et de replanter 500 arbres sur cinq ans.
Une visite commentée du parc, spéciale pour nos adhérents, est prévue dans l’année.
R. BARBERYE
