VISITE DE LA NOUVELLE STATION D’EPURATION DE LA GUEVILLE.

Vue d’ensemble de la station.

A l’invitation de Monsieur Thierry CONVERT, Maire de Poigny-La-Forêt et Vice-Président de la Communauté d’Agglomération Rambouillet Territoires (CART) en charge de l’Eau et de l’Assainissement collectif, une vingtaine d’adhérents de PARR s’est donnée rendez-vous ce mercredi 22 avril, entre Rambouillet et Gazeran le long de la RD 906, pour découvrir la nouvelle station d’épuration (STEP) de la Guéville.

Les adhérents de PARR.

Deux éléments, les aspects architecturaux et le fonctionnement technique de cet équipement, nous ont amené à proposer cette visite particulière et intéressante.

Nous remercions en premier lieu Monsieur CONVERT pour sa présence tout au long de notre cheminement au sein de la STEP mais également pour avoir mis à notre disposition Madame BRINSTER (Ingénieur en charge des compétences Eau et Assainissement de la CART), Monsieur LUROT (représentant la Sté VEOLIA, délégataire du service public et par conséquent acteur au quotidien du fonctionnement de la STEP) ainsi que Monsieur VERMES (représentant de la Sté OTV, constructeur de la STEP).

La station d’épuration gérée à l’origine de sa construction de manière intercommunale par un SIVOM, puis le Syndicat Intercommunal de la Région de Rambouillet (SIRR) et désormais par la Communauté d’Agglomération Rambouillet Territoires (CART), est située sur la commune de Gazeran. Elle traite historiquement les eaux usées de Vieille Eglise en Yvelines, de Gazeran et de Rambouillet. Cette infrastructure possède une capacité de traitement pour environ 40.000 « équivalent/habitants » (E.H), considérant que dans la configuration actuelle, environ 30.000 habitants envoient leurs eaux usées vers la station.

La première station de traitement des eaux usées de la Guéville, située à l’endroit actuel à proximité de la source de la rivière Guéville, date des années 1970 ; elle avait comme particularité une importante emprise au sol malgré un espace contraint de par sa situation enclavée entre la RD 906, la parc du Domaine de Rambouillet et une propriété privée avec présence de bois et plaine cultivée.

La technique de traitement des eaux usées de l’époque nécessitait de nombreux et larges bassins principalement circulaires.

En 1992, la configuration des lieux, l’obsolescence de la technique utilisée à l’époque, ainsi que les exigences normatives, ont amené les responsables à engager des travaux importants d’extension permettant également l’utilisation de process à l’époque novateurs.

Répondre à la réglementation contraignante certes, mais aussi « juste et salutaire pour en faire un modèle de transition écologique » (Thomas GOURLAN, ancien président de la CART), en évolution permanente, c’est donc aujourd’hui une des réalisations de traitement des eaux usées les plus importantes des Yvelines, gérant trois communes, qui a été construite ces dernières années.

La plus importante des problématiques concerne l’absorption des eaux d’orages, perturbateurs lorsque qu’elles convergent rapidement via les canalisations des trois communes vers la station. Une de ces canalisations, passant sous la RD906, a été refaite des travaux de la station et son diamètre est désormais de 2 mètres.

CREATION D’UN BASSIN D’ORAGE…

Un des enjeux de la reconstruction de la STEP a été de se stocker au maximum les eaux usées gonflées par les eaux pluviales qui déferlent en fonction des précipitations.

Un bassin d’orage a été construit sous la nouvelle station, enterré à plusieurs dizaines de mètres, d’une capacité d’environ 7.000 m3. Celui-ci est associé à un autre bassin d’orage de 6.000 m3 construit en 2024 rue Vernes dans le quartier de Grousay.

DECHETS PUIS BOUES EVACUEES ET TRANSFORMEES…

(consulter en annexe le schéma expliquant l’ensemble du process de la nouvelle STEP)

Lorsque que les eaux usées arrivent en amont de la station, il est nécessaire de « filtrer » les plus gros déchets : cartons, lingettes, feuilles, morceaux de bois… à travers un premier dégrilleur (grossier) et les évacuer. Dans un deuxième temps, il faut racler et évacuer également les déchets de plus petits calibres ainsi que les graviers. Ensuite, sables graisses passent dans un dessableur et déshuilleur. Ces premières étapes concernent le prétraitement. Les sables lavés récupérés lors de cette première étape pourront servir dans la composition de remblais routiers.

Les eaux usées, débarrassées des déchets, poursuivent alors leur cheminement dans le décanteur pour en extraire les boues qui seront alors récupérées pour suivre un autre circuit de traitement, par un digesteur pour y être avalées, avant d’être purifiées et être utilisées pour se transformer en biogaz, dans l’unité de méthanisation présente sur le site.

TRAITEMENT BIOLOGIQUE DANS TROIS BASSINS…

L’autre élément fondamental de la nouvelle STEP concerne le traitement biologique des eaux usées, traitées avec l’aide de micro-organismes de façon à les débarrasser des pollutions carbonées et azotées. Un décanteur tertiaire, dans la dernière phase, va éliminer le phosphore de l’eau pour lui permettre d’être rejetée dans le milieu naturel.

Une des grandes avancées est sans conteste la préservation du milieu naturel. Le process dans son ensemble et, surtout, le traitement tertiaire permets un rejet de qualité et par conséquent la préservation du milieu recevant les eaux traitées de la STEP.

ARCHITECTURE…

Un autre aspect non négligeable de cette nouvelle réalisation concerne l’approche architecturale de l’ensemble.

Les stations de traitement des eaux usées n’ont été, de manière générale et depuis des décennies, rarement abordées esthétiquement d’un point de vue architectural. Elles sont très souvent visibles, mais pour le moins peu attractive, et odorantes à proximité.

Si techniquement les méthodes de traitement ont particulièrement évoluées pour limiter au maximum les désagréments concernant ce dernier point (nous avons pu le constater lors de notre visite…), l’architecture de ces « usines » est devenue essentielle.

En ce qui concerne la nouvelle STEP de la Guéville, le projet a été confié au cabinet ALH Architecture (Alain LE HOUEDEC).

Pour aborder ce type de projet (cet architecte s’est spécialisé sur la conception de ce type d’infrastructure), Alain LE HOUEDEC a souhaité intégrer les bâtiments en s’inspirant des grandes entités paysagères qui caractérisent le site, à savoir la forêt de Rambouillet et le Parc du Château.

Il précise sa démarche de la façon suivante (je le site) :

« Les bassins de traitement, les bâtiments techniques et le bâtiment d’exploitation sont réunis dans une volumétrie commune de forme rectangulaire.

Une passerelle couverte est implantée au premier étage du bâtiment, afin de permettre aux exploitants de se rendre des locaux d’exploitation vers les bassins de traitement. Cette passerelle est aussi utilisée par les visiteurs pour découvrir les installations.

Le traitement architectural du bâtiment principal est obtenu par un effet de contraste entre un socle en gabions de pierres locales et des habillages en bois de mélèze.

Les matériaux sont choisis pour intégrer harmonieusement les bâtiments de la station d’épuration dans leur environnement naturel, en évitant toute connotation industrielle, au profit d’une écriture architecturale de type équipement public »

Force est de constater que pour celles et ceux qui utilisent la RD906 et qui méconnaissent la présence d’une station de traitement d’eaux usées à cet endroit précis, il leur est difficile de définir l’usage de ce bâtiment (aucun bassin n’est visible de la route). En cela, cette réalisation architecturale est une réussite.

Notre visite s’est achevée après pratiquement deux heures d’écoute, d’attention et de compréhension grâce à la présentation très pédagogique (mais suffisamment technique) de nos hôtes.

L’intérieur du bâtiment.

QUELQUES CHIFFRES ET INFORMATIONS EN COMPLEMENT…

  • Montant de l’investissement : 40.000.000 euros

Dont environ 10.000.000 euros de subventions (principalement par l’Agence de l’Eau et la Région)

  • La STEP traite 5 à 6000 m3/jour d’eaux usées en temps sec
  • La capacité maximale de traitement de la station est de 700 m3/h, au-delà, les eaux sont « bi-passées*
  • Construction de l’infrastructure :

Sté EIFFAGE pour le génie civil

Sté OTV pour le process et les équipements

  • Exploitant : Sté VEOLIA (délégation de service public)

Marc ROBERT