Le cimetière, un patrimoine général commun.

  • 1 novembre 2019

Le rôle de PARR est de contribuer à (re)découvrir et mettre en valeur les traces de notre passé ancien ou récent – et qu’on nomme notre Patrimoine – à les conserver et à les faire connaître.

Les cimetières font partie de ce Patrimoine commun, et il nous a paru intéressant et nécessaire, au moment où la ville de Rambouillet entreprenait de restaurer et réaménager son « Cimetière ancien » en décidant, entre autres, la reprise des concessions centenaires ou trentenaires non entretenues, de faire en sorte que ne disparaissent pas les traces de notre Histoire, et de procéder à un inventaire des tombes et caveaux, afin de repérer ceux qui représentent un témoignage de cette histoire, ou offrent un intérêt artistique ou architectural.

le « vieux » cimetière de Rambouillet

S’il est intéressant de conserver des photos de nos tombes, (voir ci-après, le projet Généanet) PARR a souhaité aller plus loin, en s’assurant que soient conservées ( en l’état, lorsque c’est possible ) les tombes qui présentent un intérêt historique particulier.

En accord avec le maire – Gérard Larcher puis Marc Robert – PARR a donc effectué cet inventaire, dont le but est de protéger ces sépultures contre l’usure du temps (restauration) ou une démolition éventuelle lors de la remise en état des lieux. Catherine Comas, Jean-Eric Ullern et Josiane Tambrun ont réalisé cet inventaire avec M. Sarriau, en charge des cimetières aux Services Techniques, et le gardien du cimetière. Une liste d’une cinquantaine de tombes intéressantes a été établie en référence à certains critères :

la tombe de l’Abbé Louis « Eugène » Macaire 1846-1908
  • Personnalités ayant marqué la ville (ou nationalement),
  • Artistes rambolitains,
  • Militaires,
  • Religieux ou symboles religieux,
  • Symboles maçonniques, ou professionnels,
  • Qualité ou originalité du décor.

La municipalité a donné son accord pour que, avant chaque remaniement du cimetière, PARR puisse donner son avis sur l’éventualité ou non de conserver les tombes menacées. En outre, il a été convenu que sur de nombreuses tombes très anciennes, non entretenues, en mauvais état, et qui devront être démolies (en respectant les usages des cimetières envers ses utilisateurs : durée des concessions, disparitions des familles) les croix seront récupérées (elles sont le plus souvent métalliques et on y trouve des modèles très divers) et seront mises à l’abri par les services techniques pour servir de décors le long des murs du cimetière. (Ces croix ont été photographiées)

Il est évident que PARR s’efforcera de susciter un tel travail dans les communes ressortant de son périmètre d’activité, comme cela avait déjà été fait pour La Boissière-Ecole par Josiane Tambrun. Tous ces lieux font partie de notre Patrimoine régional commun.

Jean-Eric Ullern

le « vieux » cimetière de Rambouillet

Connaissez-vous l'histoire de notre "vieux" cimetière ?

A cette époque, l’église de Rambouillet était à l’emplacement du Mercure, près du château. Le cimetière qui la bordait, fut déplacé une première fois -sans doute au XVIeme siècle, lorsque fut agrandi le champ de foire, et installé devant la grille du rondeau, sur l’actuelle place Félix Faure.

Le terrain limité actuellement par les rues Chasles, Patenotre et G.Lenotre était alors occupé depuis 1399 par une garenne de 24 arpents, appelée garenne du grand chenil. (lequel était situé à l’emplacement actuel de la Banque Populaire) . Son importance (comme celle des écuries pour 350 chevaux) rappelle que Rambouillet était avant tout un relais de chasse.

Mais en 1785 l’emplacement de ce cimetière ne convient plus, ni à la population, ni au Comte d’Angiviller, qui souhaite y créer les jardins de l’hôtel du gouvernement (actuelle sous-préfecture).

Dans son ouvrage « Le Palais du Roi de Rome »* Jean Blécon nous raconte le transfert du cimetière :

« Le transfert du cimetière était un vœu de la population rambolitaine qui avait été exprimé le 9 mai 1784 à l’issue des vêpres, par l’assemblée des habitants réunis en la salle presbytérale en présence de messire Julien Hébert, curé, du sieur Dominique Lefèvre, marguillier en charge, d’Adrien syndic et de plusieurs habitants, témoins.

Le sieur Lefèvre fit remarquer que « depuis longtemps les habitants se sont occupés du projet de changer le lieu du cimetière de la paroisse :

  • « – parce qu’il était insuffisant pour contenir les corps des fidèles,
  • « – qu’il était arrivé souvent que la même année on avait été obligé d’ouvrir une seconde fois la même fosse pour y déposer un second corps,
  • « – parce que les règlements prescrivant de donner aux fosses cinq pieds de profondeur et qu’il n’est possible de leur donner que deux pieds et demi, vu que si on les creusait davantage la fosse se trouverait remplie d’eau. »

À ces motifs s’en sont ajoutés de nouveaux :

  • « – le cimetière tenant à la pièce du Rondeau du parterre du château et le dominant ne peut qu’y porter des « eschalaisons chabouinés » qui peuvent influer sur la santé précieuse du roi et de la famille royale dans les voyages et séjours qu’ils pourraient faire ici,
  • ,, – qu’il paraît que l’on va construire un bâtiment nouveau pour le service du roi aux environs du cimetière, ce qui augmentera considérablement le nombre des habitants et rendra encore le cimetière plus insuffisant qu’il n’était,
  • « – que les émanations cadavéreuses pourraient occasionner aux habitants de ces nouveaux bâtiments des maladies épidé­miques qui se communiqueraient au surplus du pays ». »

Après avoir fait remarquer que si le projet de changement n’a pas été mis en exécution « c’est parce que ni la fabrique, ni les habitants n’étaient assez fortunés pour faire l’acquisi­tion d’un terrain suffisant pour former un nouveau cimetière ; l’enclore de murs suivant l’article 22 de l’édit de 1695 et construire dedans une petite chapelle pour satisfaire à la dévotion public ».

Alors l’idée a germé de faire supporter ce transfert par le roi et d’en attribuer le bénéfice à sa bonté, « en mettant sous les yeux de sa Majesté les différents motifs qui nécessitent le changement de cimetière, il y a lieu d’espérer, de sa bonté paternelle pour ses nouveaux vassaux et de son humanité, un terrain suffi­sant pour former un nouveau cimetière, la clôture de ce terrain et une chapelle en cédant au roi l’ancien cimetière ».

Tous, convinrent de cette nécessité, chargèrent le sieur Lefèvre « de donner cette supplique qu’il jugera convenable pour obtenir de sa Majesté par voie d’échange ou autrement la concession d’un terrain suffisant pour y former un nouveau cimetière ».

Ce marché convenant bien au comte d’Angiviller pour la création du jardin de l’hôtel du Gouvernement, il ne fut sans doute pas trop difficile pour lui de démontrer au roi l’intérêt cette transaction. Un vaste terrain au milieu de la garenne du grand chenil fut affecté au nouveau cimetière.

Le 23 septembre 1785, en vertu de la permission donnée par l’évêque de Chartres, messire Bourgeon, curé de Gazeran accompagné de messire Julien Hébert, curé de Rambouillet, bénit le nouveau cimetière « bien clos de murs, de portes, et dans la décence convenable à sa destination » avec les prières et cérémonies prescrites.

Le lendemain eut lieu la première inhumation », il s’agissait d’un homme de vingt-huit ans, Jean Chauvin, natif d’Aunou-le-Faucon (Orne), commis des bâti­ments du roi ».

La chapelle » semble avoir été construite quelques années plus tard; la cloche, nommée Marie-Louise-Mélanie, fut bénite le samedi 31 mars 1787, et la chapelle elle-même le 15 mai suivant; ces deux bénédictions furent assurées par le curé de Rambouillet.

C’est en novembre-décembre de la même année que Claude Romeuf dit Romain, entrepreneur de terrasses, demeurant à Groussay, procéda à « l’enlèvement des terres de l’ancien cimetière »; le travail fut assez pénible, la terre était « chargée à la pelle dans les voitures avec difficulté par rapport à la sécheresse et elle était comme de la cendre et avec « criquement des os » »; la terre fut transportée à deux cent vingt toises de distance (444,37 mètres) et les os, mis à part, furent enterrés dans des trous faits dans le nouveau cimetière.

Le mémoire rédigé pour ce travail s’éle­vait à cinq mille vingt-cinq livres neuf sols dix deniers. Il fut réduit à deux mille neuf cent trente-deux livres dix-huit sols onze deniers qui furent payées par le roi ». La croix et quelques tombes furent transférées dans le nouveau cimetière comme celle de Catherine-Adrienne Godard de Barrisseuse.

*Le palais du roi de Rome, Jean Blecon avec la collaboration de Jean Tulard, édition Re.Bus , novembre 2004
le site de Généanet (page : cimetière de Rambouillet)

Les passionnés de généalogie connaissent bien le site GENEANET , créé en 1996, qui regroupe une communauté de trois millions de membres qui partagent et échangent gratuitement de nombreuses informations généalogiques : plus de six milliards d’individus répertoriés dans des arbres généalogiques, des actes numérisés, des cartes postales, des photos de famille, des dépouillements d’état civil accessibles via de puissants outils de recherche.

Depuis 4 ans, les membres de Geneanet photographient toutes les tombes des cimetières de France, afin d’en conserver la trace; et mettent en ligne photos et noms ainsi relevés.

A ce jour ce sont quelques 2 500 000 tombes qui sont déjà en ligne, dont 117 pour l’ancien cimetière de Rambouillet. (la seule limite étant la disponibilité des membres!)

Voir le projet ici.