Domaine de Villarceaux

  • 6 octobre 2018
Domaine de Villarceaux

Le 6 octobre 2018 à 13h 33 adhérents de PARR ont pris le car en direction de Mantes et du domaine de Villarceaux sous un soleil d’automne resplendissant. Ce domaine se situe dans le Val d’Oise et plus précisément dans le Vexin français( par opposition au Vexin normand dont il était séparé historiquement depuis le traité de St Clair sur Epte).

Ce domaine comprend :

  • -un site historique avec deux châteaux
  • -une ferme de la Bergerie de 600ha
  • -un golf de 100ha

L’ensemble du domaine est la propriété d’une fondation suisse, la fondation Charles Léopold Mayer qui exploite la ferme et le golf qui sont rentables.Les châteaux laissés à l’abandon depuis les années 60 ont été repris en gestion par la région Ile de france dans le cadre d’un bail emphytéotique de 99 ans

L’histoire du château d’en bas débuterait vers le XIé ou XIIé siècle avec un petit châtelet en bois à proximité d’un prieuré bénédictin de femmes.Au XVé siècle est construit un véritable château fort qui entre dans le dispositif de défense du royaume face aux anglais pendant la guerre de Cent ans.Le château est agrandi à la Renaissance et les jardins sont redessinés avec une influence italienne.

Le château du haut plus récent a été construit entre 1755 et 1759 par l’architecte Jean-Baptiste Courtonne dans le style Louis XV pour Charles-Jean Baptiste du Tillet de La Bussière marquis de Villarceaux. C’est le marquis qui fait à la même époque démanteler le château féodal

Plusieurs personnages sont liés à l’histoire de ce château:tout d’abord un de ses propriétaires Louis de Mornay marquis de Villarceaux(1619-1691) militaire capitaine des gardes du dauphin. Saint-Simon en parle comme d’un débauché luxurieux »faisant beaucoup de fracas avec les femmes ». Tallemant des Réaux le décrit également comme « chassant un gibier qui n’est ni de poil, ni de plume ». Cela lui vaut un enfermement temporaire à la Bastille pour « avoir séduit une jeune pucelle ».

Il fût l’amant d’un autre personnage connu Ninon de Lenclos(1620-1705) Celle-ci fût très tôt une enfant prodige jouant du luth,sachant l’italien et l’espagnol tout en étant versée dans les sciences.A la mort de sa mère, elle se lança dans le libertinage et collectionna un nombre d’amants considérable au nombre des quels, le grand Condé, François de La Rochefoucauld, quelques ecclésiastiques,un astronome Huigens. Ce dernier composa quelques vers à son sujet :
« Elle a cinq instruments dont je suis amoureux
Les deux premiers,ses mains;les deux autres ses yeux
Pour le plus beau de tous,le cinquième qui reste,
Il faut être fringant et leste »

Elle eut un fils avec Villarceaux, le chevalier Louis de la Boissière qui devint officier de marine. Elle tint un brillant salon à partir de 1667 qui accueillit les esprits les plus brillants

L’autre personnage qui vint à Villarceaux fut Françoise Scarron, future Madame de Maintenon. Après la mort de Scarron elle devint sans doute la maîtresse de Villarceaux. Après sa rupture elle lui écrivit une lettre qui paraît sans équivoque : »je ne veux plus vous voir ici ou ailleurs pendant une année et puis nous nous nous reverrons comme des vieux amis mais que la porte de ma chambre te sera à jamais fermée ».Un tableau qui se trouve au château du haut la représente nue en déesse grecque,le regard fixé sur l’horizon indifférente à Mornay, représenté sous les traits de l’Amour tenant sa flèche. En fait elle ne posa pas pour ce tableau qui fut néanmoins gênant pour elle.

En arrivant au château, nous trouvâmes beaucoup de monde car se tenait une fête des plantes qui avait attiré beaucoup de connaisseurs. Notre guide nous expliqua d’abord quelle était l’étendue du château féodal dont il reste essentiellement une tour et quelques vestiges.Le site contient de très nombreuses sources dont une qui se trouvait dans l’enceinte du château ce qui renforçait ses capacités de résistance.Par ailleurs il était en liaison avec le château de la Roche-Guyon qui se trouve à quelques kilomètres.

Puis nous avons parcouru un fort beau jardin de simples avant de pouvoir admirer depuis la terrasse l’ensemble du domaine avec ses magnifiques jardins à la française et notamment un parterre d’eau en position basse et un jardin anglais sur les terrasses.Les pièces d’eau sont alimentées par gravitation.

Après avoir cheminé le long des pièces d’eau nous avons entrepris la rude montée vers le château du haut en empruntant des vertugadins et des escaliers.Ce château a été construit sur le modèle des hôtels particuliers parisiens dont l’architecte était un spécialiste.Les pièces publiques ont été reconstituées dans leur état du XVIIIé siècle.On y découvre le grand vestibule, le grand salon, la bibliothèque, la salle à manger et les chambres.Puis nous sommes redescendus pour regagner notre car après une visite passionnante avec un guide compétent et motivé.

Je crois toutefois nécessaire de donner quelques précisions suite aux déclaration approximatives du guide sur les problèmes de gestion du domaine et sur l’attitude du conseil régional.a la suite d’un rapport de la Cour des Comptes. La Cour s’est préoccupé ,comme c’est son rôle des conditions de gestion du domaine.Elle a noté que celui-ci coûtait plus de deux millions à la région qui était d’ailleurs à la limite de ses compétences réglementaires.Elle a ensuite observé que les précédentes mandatures n’avait jamais défini un véritable projet pour Villarceaux qui n’a été largement ouvert au public qu’en 2015.Si l’entrée est gratuite c’est par ce que le conservateur a estimé que l’ouverture d’une billetterie ne couvrirait par son coût,la fréquentation n’étant que de 4000 visiteurs par an. La présidente actuelle de la région a donc fait un appel à projet pour confier à un nouvel intervenant la gestion du domaine.Une campagne publicitaire permettrait sans doute de faire venir davantage de visiteurs vers un des plus beaux domaines historiques proche de la région parisienne.

René BARBERYE

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