Les Invalides secrètes

  • 19 mars 2018
Les Invalides secrètes
Le lundi 19 mars une trentaine d’adhérents de PARR, particulièrement courageux, se sont rendus à Paris malgré la
neige et le froid pour visiter certaines parties des Invalides non ouvertes au public. On considère à juste titre que les
Invalides sont le plus bel ensemble monumental de Paris.
Avant Louis XIV , les vieux soldats invalides devaient ,en principe, être hospitalisés dans les abbayes. Mais trop sou-
vent ils étaient réduits à la mendicité. En 1670 le Roi fonde l’Hôtel des Invalides. La construction de ce vaste monu-
ment qui recevra jusqu’à 7000 pensionnaires commença en 1671 sur les plans de Liberal Bruant. Les bâtiments furent
terminés en 1676.Le Dôme bâti de 1679 à 1700 par Jules Hardouin-Mansart, acheva cette réalisation exceptionnelle.
Nous avons commencé la visite par le Dôme qui fut construit car l’église Saint-Louis se révéla assez vite trop petite.
Louis XIV demanda à l’architecte d’élever non pas une simple chapelle militaire mais un monument qui serait un témoignage éclatant de la grandeur de son règne.Le lanternon qui surmonte le dôme s’élève à 105 mètres..Sur les pendentifs , Charles de La Fosse a peint les 4 évangélistes. Au dessous des fenêtres, des médaillons sculptés représentent
douze rois de France; au dessus se voient les douze apôtres par Jouvenet. Dans la calotte, une composition de de La Fosse montre Saint-Louis présentant à Jésus-Christ l’épée avec laquelle il a triomphé des infidèles.
Le centre de l’édifice au départ ne comprenait pas de sous-sol, celui-ci a été creusé quand en 1840 a été décidé le retour des cendres de Napoléon qui avait été enterré à Saint-Hélène. Le tombeau se trouve au milieu de la rotonde. Le corps a été placé dans six cercueils successifs: le premier en fer blanc, le second en acajou, puis viennent deux enveloppés de plomb, et enfin le bois d’ébène et le chêne. Tout autour se trouve des bas-reliefs représentant Napoléon avec une illustration de ses réalisations: le Conseil d’Etat, la Cour des Comptes….
 
A noter que le roi de Rome est également enterré là depuis 1940. Celui-ci était enterré en Autriche et malgré les demandes du gouvernement français son retour en France n’avait pu être obtenu des autrichiens.C’est Hitler qui était un admirateur de Napoléon qui força la décision. Entre le dôme et l’église Saint-Louis se trouve un baldaquin qui porte la phrase fameuse
»Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine au milieu des français que j’ai tant aimés ». Puis nous sommes entrés dans la crypte qui se trouve sous l’église Saint-Louis, crypte dite des gouverneurs car c’est là qu’étaient enterrés les gouverneurs des Invalides. Cette crypte très longue ne contient pas seulement les tombes des gouverneurs mais aussi celles de militaires  illustres: le général Leclerc par exemple.S’y trouve également la tombe de Larrey chirurgien des armées de Napoléon qui y fut enterré tardivement car Soult qui était à la mort de Larrey ministre de la guerre et qui ne l’aimait pas, s’y opposa. Se trouve également une femme Melle de Sombreuil fille du gouverneur de 1789 qui lors des massacres de septembre proposa au tribunal de prendre la place de son père. Le tribunal ému finalement acquitta son père.Se trouve également le corps de Rouget de Lisle qui devait être transféré au Panthéon et qui
attend toujours. L’église Saint-Louis ,on devrait d’ailleurs dire la cathédrale car elle dépend d’un évêque, est dite aussi
l’église des soldats. Des drapeaux pris à l’ennemi la décorent. Ils étaient bien plus nombreux qu’aujourd’hui mais en 1814 quand les Alliés entrèrent dans Paris, le gouverneur des Invalides fit brûler 1400 drapeaux pour qu’ils ne tombent pas aux mains des ennemis.
Nous avons poursuivi la visite par un passage dans la cour d’honneur. Les quatre faces offrent deux étages d’arcades.
Les lucarnes sont décorées de trophées comme sur la façade. La cinquième lucarne à droite du pavillon central a une
histoire. Louvois qui avait dirigé la construction des Invalides, avait fait graver ses armes en plusieurs endroits
; Louis XIV donna l’ordre de les supprimer. Un sculpteur imagina alors de placer un œil de bœuf entre les pattes d’un loup, illustrant cet à peu près
»loup voit». Cette magnifique cour est bien connue des français car c’est là que se déroulent certaines cérémonies d’hommages aux soldats tués ou à des personnalités décédés par exemple: Simone Veil ou Jean d’Ormesson. Puis nous sommes allés dans les salons Duquesnoy qui contiennent des peintures illustrant diverses guerres ainsi que des objets qui ont «été donnés par la famille d’Ornano. On voit notamment un tableau de la princesse Walewska qui fut la maîtresse de Napoléon et dont il eut un fils. Nous avons continué par le grand salon. Tous ces salons servent aujourd’hui pour des réceptions ou pour des concerts. Nous avons beaucoup apprécié cette visite de deux heures sous la conduite d’une guide fort intéressante.
 
René Barberye
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